haut les mains !

Les mains ont une importance primordiale parmi les stimulations sensorielles et moteur de notre cerveau conscient. Cette prépondérance peut nuire à une conscientisation de notre centre physique voire énergétique

En 1950, un neurochirurgien canadien, le Dr Wilder Penfield, publie une cartographie cérébrale des stimuli du corps. A l’époque, il utilise la stimulation électrique du cerveau qui permet d’identifier les parties du cortex consacrées aux sensations et à la motricité. Depuis cette cartographie s’est améliorée avec les progrès de l’imagerie médicale.
Cette représentation porte l’appellation d’homonculus de Penfield. On distingue l’homonculus sensoriel (ou sensitif) qui illustre la richesse, la finesse et la complexité de sensibilité d’une zone du corps perçu à la surface du cortex cérébrale (gyrus post-central) et l’homonculus moteur,  qui lui représente l’organisation de la commande motrice des muscles perçu au niveau du gyrus pré-central.

Dans les deux cas, les mains apparaissent disproportionnées à la réalité corporelle. A contrario, le centre physique est dévaluée au niveau de la surface de notre cortex.

tu seras un homonculus mon bébé!

Comment le processus de conscientisation de notre corps s’est il construit ?
A notre plus jeune âge, ce sont déjà la bouche et les mains qui constituent nos principaux « outils » d’interaction avec nos espaces corporelles ou avec l’extérieur (succion et réflexe d’agrippement).

En terme technique, « le bébé est sous l’influence principale du système sous-corticospinal (cerveau
inférieur ou extrapyramidal), dans une fonction antigravitaire. Les mains sont dépendantes de la
quadri flexion des membres et des réflexes archaïques. Cette activité du tronc cérébral et du
cervelet façonne une répartition tonique jusqu’au bout des doigts. » (ref)

Dans les 18 premiers mois, les activités de préhension, de marche « à 4 pattes », de découvertes associant la vue et le toucher, de manipulations complexes, … vont développer force, tonicité et habileté et une organisation de la représentation dans le cortex cérébral associant les informations en provenance de nos sens et les parties du corps.
En cours de Qi gong, j’invite régulièrement à comparer leur mode de préhension (par exemple lors de l’ouverture d’un bocal) qui va souvent jusqu’à la crispation des bras, de l’épaule et même des trapèzes avec celui d’un bébé capable de s’accrocher au doigt du parent avec le reste du bras totalement détendu.

J’en conclue qu’il y a un lien entre notre construction de la main « outil » et les crispations du corps que l’on peut considérer comme des « effets secondaires » délétères de nos aptitudes construites au fil du temps.

Le phénomène est accentué quand on étudie l’évolution de notre conscientisation de la main et de la bouche avec l’aspect émotionnel de nos premiers mois (cet aspect fera l’objet d’un autre article).

Le Qi gongpour la performance sans les crispations

Pour les personnes qui ont développés une habileté supérieure dans un domaine et l’exploite dans leur activité professionnelle comme un violoniste ou un golfeur professionnel, la capacité a maintenir un buste flexible et disponible avec une préhension localisée est cruciale tant pour la performance que la santé.

Pour tout à chacun, il est tout aussi important de contrôler notre aptitude à ne pas générer des crispations inutiles dans nos gestes, actions et mobilités. C’est un bienfaits intrinsèque du Qi gong car cet art nous incite à manifester et exprimer jusqu’à nos extrémités corporelles mais toujours à partir du centre et en veillant à une circulation fluide du Qi.

Ainsi, nombreux sont les mouvements ou enchainements de Qi gong où il est nécessaire de bien maîtriser l’initialisation du mouvement par le centre puis son expression dans les membres plutôt que de se concentrer sur le déplacement des mains.

C’est d’ailleurs, un piège classique pour tout débutant en Qi gong qui, observant un pratiquant, ne verra que les difficultés de coordination, de latéralité ou d’équilibre et tentera d’en imiter un contrôle apparent.

9 minutesde vidéos

où je te décris la progression vers le 7ème mouvement du Qi gong du reins 

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exercice pratique

L’exercice que je propose pour expérimenter ce phénomène est par exemple le 7ème mouvement du Qi gong des reins. N’importe qu’elle mouvement permet d’entrainer la coordination mais celui ci a l’avantage d’être physiquement accessible tout en nécessitant un vrai travail des cuisses et du bassin pendant que les bras se coordonnent au déplacement du buste.

En apprenant à réaliser ce mouvement avec une appréciation holistique du corps, tout en souplesse, comme une manifestation douce du du centre, du Dantien, on perçoit vite qu’il devient un outil appréciable pour calmer le mental, favoriser l’enracinement et fluidifier le haut du corps ; une démonstration supplémentaire de la richesse des interactions entre corps et esprit. 

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